Voyez vous les voyous
Voyez vous les voyelles
Voyez vous les voyageurs
Les voyageurs attendent
Sur le quai de la gare
Qu’on sonne l’heure du départ
Y’a des voyous nomades
Y valident leurs balades
De grands rêves d’exil
Aux passeurs immobiles
Des voyelles s’évadent
De leurs hôtels maussades
Dans leurs yeux y’a des îles
Amoureuses qui défilent.
Y’a des voyous en rade
Derrière des barricades
De valises immobiles
Et de vieux crocodiles
Des voyelles qui s’attardent
Aux miroirs et se fardent
De couleurs volubiles
Et de destins fragiles.
Y’a de longues promenades
Au quai des embrassades
Au creux des cœurs fébriles
Que les départs mutilent
Y’a de belles sérénades
Quelques chansons bavardes
Et de joyeux babils
A des retours d’exil.
Mais y’a ces longues files
D’attente sous le grésil
D’un rêve inachevé
D’un ciel échevelé
Les voyous, les voyelles
Au-delà des balises
S’inventent des ombrelles
A l’ombre des marquises