L’OUBLI DU MALI
C’est un jour d’oiseaux
Sur un quai de pluie
Une heure désertée
Des bateaux de pêche
C’est un jour d’écume
Noyé de brume
Le chant d’une femme
Au cœur brise l’âme
Elle chante le vent
Le froid sous sa peau
Et l’abîme dessous
L’oubli du Mali
Arrachée au pays
Une nuit de décembre
a son chemin de sable
Baobab et chameau
a sa maison d’argile
a son toit de paille
a son bol de sorgho
Dans l’ombre de midi
REFRAIN
Embarquée de fortune
sur un vieux rafiot
Dans le ciel brouillé
D’un phare au lointain
Une pincée de lumière
Signe l’horizon
Son enfant de laine
Sur elle endormie
Elle chante le vent
Le froid sous sa peau
Et l’abîme dessous
L’oubli du Mali
Faut passer la frontière
la blessure marine
La franchir sans que
Son esquif chavire
sans que la photo
De Bamako s’égrène
dans la nuit d’ébène
et le fond des eaux
Elle chante le vent
Le froid sous sa peau
Et l’abîme dessous
L’oubli du Mali
Elle chante le vent
la kora sous ses doigts
le soleil levant
dans le grain de sa voix
Pour son enfant de laine
Pour oublier sa peur
Le froid sous sa peau
Et le désert mandingue
Elle chante le vent
le froid sous sa peau
et l’abîme dessous
L’oubli du Mali