J’SUIS UN POISSON NOMADE

Je suis un poisson nomade

Et mes semelles de vent

traînent un matin de Jade

Tout un dimanche sans

J’ai marché dans l’herbe grise

La lune en grèv’ le dimanche

Le petit bout de sa chemise

Flirtait avec des cailloux

Aux ventres fous

J’ai dansé sur les vagues

Le long des grèves endimanchées

La belle avalanche des algues

Ramenait une forêt

D’étoiles de craie !

J’ai couru les collines

Avec mon rêve dans la manche

Les frontières clandestines

Agitaient des mains tendues

Inattendues

J’ai longé l’avenue

Déserte le dimanche

Seul le chat de la voisine

Chassait un oiseau venu

Des orphelines

J’ai fait le tour de ta chambre

O toi ma belle paresseuse

Chasser les pluies de novembre

Sur la peau de tes seins nus

De ton cœur qui remue

Je n’étais pas vêtu très chic

J’avais oublié le col

De ma chemise bucolique

Mangé des poignées de colchiques

Dans tes cheveux

Alors je chante sans maudire

Au fil d’un automne marin

Toute une vague de refrains

Sur des feuillus où l’on peut lire

Ceci

Pardonnez ma mélancolie

Oh ! Ma compagne aux yeux de pluie

La lune au vert miroir s’enfuie

Comme un poisson dans le roulis.

A Paris